Il paraît que là-bas,
des gens écrivent
des poèmes…
Bienvenue dans les méandres des elfes.
Vous pourrez découvrir ici mes textes personnels ainsi que quelques grandes oeuvres qui me sont chères. N'hésitez pas à laisser des commentaires, quelqu'ils soient, en cliquant sur le tout petit onglet au bas de chaque article. Même si celle-ci n'est pas en première page, vous pouvez découvrir ma nouvelle “Moderato Cantabile” dans sa première version complète dans la rubrique “nouvelle”.
En espérant que vous aurez plaisir à me lire et visiter mon univers, bonne visite et à très bientôt!
Elvire Boyé
Mes bleus, mes bosses, ma solitude, ma liberté et moi trainions ce soir là nos guenilles du côté de Paname. Nous allions voir ici et là si quelqu’un daignait encore, contre un bon repas chaud, acheter notre voix rocailleuse et les accords de nos doigts tous piteux plaqués sur le clavier d’un bistrot. Nous en connaissions des chansons, nous en connaissions des valses et des sarabandes pour faire danser le tout Paris ! Nous savions faire chanter les foules et faire couler le vin dans les gosiers, frapper les godillots sur les planchers, donner l’audace aux hommes d’aller quérir les charmes des plus revêches. Nous avions, il faut le dire, le talent fou des troubadours modernes.
Il ne nous fallut que quelques heures, en remontant vers le Moulin Rouge, pour trouver le plus offrant : un repas, et une chambre pour la nuit, et si le public allait bon train, quelques verres en sus pour se réchauffer ensemble. La soirée fut bonne, le public enthousiaste, la recette excellente, et nous reçûmes ce qui nous était dû. Un peu ivres, un peu heureux, mais pas trop, nous montâmes l’escalier qui devait nous conduire à notre couche. Traversant un couloir en nous agrippant à notre unique chandelle (et heureusement que nous étions cinq !), nous aperçûmes par l’ouverture d’une porte, un peintre qui criait famine, et toi, qui posait nue. Etendue sur un drap, la chevelure dénouée, et les joues écarlates, tu te laissais croquer, sans l’ombre d’une honte, sans l’ombre d’une pudeur. Songeant à l’absinthe qui coulait dans nos veines, nous crûmes tout d’abord à une hallucination. Fermant nos dix paupières, les frottant de nos cinquante doigts, nous tentâmes un ultime retour à la réalité. Mais non, mais rien. Pas de rêve, pas d’hallucination. Juste tes seins blancs, et notre sang bouillonnant, pour une simple raison je crois : le désir de la colère… ou plutôt l’inverse…. que dire de mieux ? Préférant la nuit, son obscurité et son silence à ce spectacle splendide et tragique, nous prîmes la cruelle et sage décision d’aller nous coucher et de remettre au lendemain les questions sans réponse.
Quand vint l’aurore et l’odeur de la soupe au lard, mes bleus et mes bosses furent les premiers à se réveiller. Ma solitude prenait un malin plaisir à se laisser peser de tout son poids sur mon petit dos meurtri, et ma liberté, quant à elle, la pauvre, je n’y pensais plus vraiment. J’ai trainé mes godasses et mes compagnes de fortune jusqu’à la porte, longé de nouveau le couloir, toutes portes closes cette fois, jusqu’à l’escalier, que je descendis sans hâte. Et pour cause : tu étais là, attablée, face à ce faux Van Gogh à l’air dégingandé qui te bouffait des yeux plus qu’il ne bouffait sa soupe. Nous avons baissé la tête et sommes partis sans mot dire, ne saisissant qu’une phrase de celui qui en plus se prenait sûrement pour un poète : « Faut-il bien que l’on s’aime et qu’on aime la vie ». Nous avons claqué la porte, n’emportant avec nous qu’une bourse à demie pleine et nos notes de musique. Mes bleus, mes bosses et ma solitude semblait avoir fait une sacrée poussée de croissance tout d’un coup. Et pourtant, nous n’avions pas eu droit à la soupe. Alors, j’ai regardé ma liberté droit dans les yeux, et tous les deux, comme deux vieux compères, nous nous sommes compris. Nous avons pris le chemin vers les quais, et balancé les trois autres dans la Seine. Emportés par le courant, mes bleus, perdues dans un tourbillon mes bosses, noyée à jamais ma solitude ! Désormais, je parcours plus léger les chemins de nulle part, et reprends à mon tour, puisque c’est si facile, les vers des vrais poètes car « je pisse comme je pleure sur les femmes infidèles ».
A toi qui m’a fait bien des bleus, qui m’a fait bien des bosses, qui m’a rendue si seule… mais qui m’a rendue libre.
Ces textes sont des créations personnelles, ce sont des oeuvres libres de droits diffusés dans le cadre d’un contrat de licence “creative commons (http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/)” avec restrictions




Il est cinq heures du matin. Il fait nuit dans Paris. Quelques âmes éperdues avec leurs chiens déambulent le regard bas. D’un accordéon à un béret, l’odeur du pain se fait déjà sentir. Les tunnels parisiens me transportent d’une gare à l’autre. Blottie dans un coin de la ligne 4, la chanson du métro londonien résonne en moi avec le doux accent des souvenirs perdus. Le remous perpétuel des flots de voyageurs me berce tendrement, et je ressens encore ce roulis amoureux, et je peux écouter toujours cette vieille ritournelle: « Please, mind the gap between the train and the platform. »
« Mesdames et messieurs, nous vous informons qu’un accident de personne vient de se produire sur la ligne 4. La circulation est interrompue entre les stations Odéon et Châtelets les Halles. Descente de tous les voyageurs.» Je reprends mon chemin sous terre à travers les boyaux de la ville. L’air est un peu suffocant, le parfum du métro est gras, lourd et chaud. Je parcours, comme dans un jeu de piste, les dédales métropolitains. Enfin, j’inspire l’air extérieur.
L’hôtel de ville est si désert, les amoureux de Doisneau ont du rentrer se réchauffer avec un bon vin chaud après leur célèbre baiser. La cathédrale est silencieuse sans son monstre magnifique, et ses gargouilles sont tristes. Au pied de Notre-Dame, ma solitude a des accents français qui ne me conviennent guère. Les souvenirs perdus, les souvenirs gâchés, les souvenirs jamais partagés me collent à la peau comme un vieux vêtement dont on ne voudrait plus. Et je le déchire d’un coup sec dans la rue Saint-Martin, jetant à terre dans un cri de douleur, cette vilaine seconde peau.
Le roulis de la Seine et ses cadavres m’écœurent. Je voudrais voir London Bridge chevaucher l’île de la cité. Cambridge prendre d’assaut la Sorbonne. La reine Elisabeth trôner à l’Elysée. Il est dans mon Paris trop de bruits familiers, trop de saveurs gâtées par ce temps qui ne fait que passer et ne s’arrête plus. Que donnerai-je pour, une ultime et dernière fois, sentir courir sur moi le vent des quais de la Tamise, et percevoir au loin, la chanson de Big Ben ?
Voici là-bas la gare de l’est. Elle m’attend de pied ferme. Où m’emmène-t-on cette fois-ci ? Je m’accroche à la rampe du train. « Please, mind the gap, betwenn the train and the platform ».
Ces textes sont des créations personnelles, ce sont des oeuvres libres de droits diffusés dans le cadre d’un contrat de licence “creative commons (http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/)” avec restrictions



Etendue seule et nue dans ce grand lit pour deux,
A demi découverte des draps de lin blanc,
J'écrase le sommeil de mes deux poings fermés.
Il passe dans mes songes d'étranges silhouettes
Aux murmures de toi, aux parfums que tu portes.
Elles me chuchotent des mots que je ne comprends pas.
Je frissonne tout à coup dans ma froide solitude.
Mes cils se débattent et mes bras se resserrent.
Mes pupilles soudain scrutent la nuit obscure.
La fenêtre est ouverte, les rideaux se balancent.
Le vent doucement fait chanter les charnières,
Caresse mon corps nu, tendre main amoureuse.
Je rassemble mes jambes sur mes seins découverts,
Repousse quelques mèches qui troublent mon regard.
Mes yeux se figent alors, une ombre est sur le voile.
Mes ongles s'enfoncent dans ma chair engourdie,
Un cri de surprise meurt dans le fond de ma gorge.
Je crois bien que c'est toi, je veux croire que c'est toi.
Le regard invisible qui se cache derrière,
Semble me reconnaître et me dévisager.
Deux bras s'ouvrent et se tendent, m'appellent en silence.
Je me glisse hors du lit, je titube vers toi.
Soudain je bascule, le plancher se rapproche.
Je veux retenir la chute, m'écrase sur un coussin?
Mes paupières sursautent, il fait nuit dans la chambre.
Mes deux volets sont clos et les carreaux fermés.
Le rideau est tiré, et j'occupe un lit vide.
Ces textes sont des créations personnelles, ce sont des oeuvres libres de droits diffusés dans le cadre d’un contrat de licence “creative commons (http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/)” avec restrictions



Il pleut si fort sur Paris que les pavés en tremblent.
Il fait si froid dans Paname que les clodos en crèvent.
Le vent souffle si fort que la Seine se soulève.
Il fait si noir dans la ville lumière que je m’y suis perdue.
J’ai fouillé tous les regards, guetté tous les sourires.
J’ai attendu le tien.
Je ne l’ai pas trouvé.
J’ai supplié que l’on panse mes plaies.
J’ai imploré que l’on voit mes blessures.
Je n’avais que les cicatrices de celle qui survit.
Alors,
J’ai craché sur Saint-Michel avant de pisser dans la Seine.
J’ai fait brûler les Champs et cramer la Tour Eiffel et sauter l’Arc de Triomphe.
J’ai rencontré la déchéance aux comptoirs de Pigalle.
J’ai fait l’amour à tous les gigolos et fait la peau à tous les vieux brigands.
Et désormais sur Paris, lorsque l’orage éclate,
Il souffle comme un vent de révolte,
Il gronde comme un souffle de vie,
Et je traverse libre,
Le tout Paris sanglant
22 Mai 2009
Ces textes sont des créations personnelles, ce sont des oeuvres libres de droits diffusés dans le cadre d’un contrat de licence “creative commons (http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/)” avec restrictions



LE BAL DES COQUELICOTS
Les poings dans mes poches crevees et les souliers legers, j’ai pris le chemin vers Combray. Foulant l’herbe menue, j’ai parcouru, sous un soleil mourrant, les sentiers de mon enfance. Redecouvrant ici ou la un parfum, une saveur, l’echo d’un eclat de rire, j’ai retrouve, sur les arbres nus, quelques lampions multicores abandonnes par les forains. Je n’ai pas eu besoin de fermer les yeux pour me rappeler les soirs d‘ete ou les robes rouges de maman semblaient s’envoler tant elle tournoyait et tournoyait encore au son des accordeons de fete. Je n’ai eu besoin que d’un soupir pour me rappeler les excentriques chapeaux qui feignaient de dissimuler les sourirs merveilleux et pleins d’audace des jeunes filles en fleurs. J’ai pleure au souvenir des fou-rires essouffles de mon enfance, caches derriere les roulottes, les levres encore rougies des cerises derobees le long des routes.
Aujourd’hui, dans les champs d’herbes brulees, les coquelicots sont morts, emportes par la fievre d’un ete qui s’acheve. Mon errance qui s’acheve prend des allures de Verlaine quand je traverse, solitaire, des tourbillons de feuilles, comme rougissant devant les la parade des vents qui les invitent a danser. Le coeur gonfle et plein de larmes, je serre les poings et me rappelle les vers egares d’un poete qui croit qu’il existe quelque part d’etranges fleurs, ecloses pour nous sous des cieux plus beaux, et qu’il sommeille sous la terre le rouge profond des coquelicots a venir.
Mai 2007
Ces textes sont des créations personnelles, ce sont des oeuvres libres de droits diffusés dans le cadre d’un contrat de licence “creative commons (http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/)” avec restrictions



Dans les rues de Nantes la grise, il est des pensées vagabondes, qui vont de-ci, de-là, sur les bords de la Loire, qui m'effleurent et me frôlent, sous le sombre manteau des ombres incertaines. Une brume légère, dessinant l'hiver imminent, découpe les fantômes et les visions fantastiques d'un avenir troublant au bord de la Garonne.
Je vais parmi les souvenirs et parmi les espoirs; je vais dans les dédales de cette ville oubliée; sur les bords de la Loire, je dessine la Garonne; je rêve de gabarres au pied de l'île Feydeau.
Dans cette nuit glacée, il est des mots que je n'ose pas te dire. Il est parfois des rêves qu'il est trop tôt pour partager. Ces étranges silhouettes, qui hantent les berges des îles nantaises, les bras de ce fleuve assassin, me les chuchotent souvent dans le creux d'une oreille, avant de disparaître au coin d'un coupe-gorge. Et qu'il est bon, et qu'il est doux alors de me sentir portée vers toi, par les murmures de la brise hivernale.
J'attend, sans aucune patience, de troquer sans état d'âme, la sécheresse du Muscadet pour le sucre du vin rouge, les berlingots coupants pour les canelés fondants, l'amertume nantaise pour le miel de cette ville charmante.
Sous un soleil neuf de Novembre, je passerai enfin le Pont de Pierres, en route de vers toi, vers Bordeaux, tendre et délicieus(e) Victo(i)r(e)…
A toi qui cherchais ta présence dans mes textes …
Ces textes sont des créations personnelles, ce sont des oeuvres libres de droits diffusés dans le cadre d’un contrat de licence “creative commons (http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/)” avec restrictions



Vierge, silencieuse, tu es là et tu m’attends. Tu m’observes, patiente et immobile devant mon mutisme, et rien encore ne se produit. Le tic-tac d’une comptoise dans la pièce voisine compte incessament la longue assenscion des secondes, de ce temps infini que rien n’arrete. Je t’observe, pâle et intouchable, blanche et sans mystère. Rien ne trouble ta perfection, je n’ose pas rompre le charme de ta candeur naïve. Je n’ose pas troubler la paix de ton innocence. Je crains à chaque instant, à chaque mouvement de la pendule là-bas, de déchirer la vertu de ta perfection blanche.
Je cherche, je m’agite, je t’observe et ta blancheur m’effraie. Serait-il possible que tu restes ainsi à tout jamais, que je ne parvienne pas à percer le mystères des rimes et des vers qui se cachent derrière toi? Les mots affluent et se bousculent, on ne fait pas la queue on se pietinne. Et toi, exigeante et impassible, tu attends. Rien ne vient. Rien d’autre que le battement régulier de l’horloge qui me rappelle la terrifiante ascenssion des heures perdues à t’observer sans parvenir à sortir de moi un seul de tous tes prétendants.
Incertain, tremblant, les paumes humides, je promène mes phalanges sur toi, je cherche; je crois trouver parfois mais je dois renoncer. J’empoigne enfin ma plume et je m’approche de toi, excité, hésitant. Je plonge en toi. Ma plume te caresse et dessine,sur ta blancheur inocente, quelques mots chancelants. Et puis je te déchire, d’un trait furieux et plein de rage, noyant sous l’encre noire les lettres qui ont défloré ta pâleur sans reporche. J’essaie de nouveau et je m’emporte, et je te couvre enfin d’un flot d’encre qui te souille à jamais.
Et j’entends, de l’autre côté, les palpitations d’une horloge qui frappe le premier coup de minuit, et tous les autres qui suivent, comme mon coeur qui cogne en moi de toute sa force. Enfin je me relève, le tic-tac reprend, il emplit de nouveau toute la pièce, il s’impose après le vacarme infernal de l’heure tragique, et j’observe, l’oeil torve et la chair lasse, ce que j’ai fait de toi, ô, candeur magnifique, innocente vierge: un poème tout neuf, rencontre d’un poète et d’une page silencieuse.
Nuit du mercredi 18 au jeudi 19 octobre 2006
A force de parler littérature et production personnelle ces derniers jours, une terrible envie d’écrire m’a empoignée hier soir. Je me suis installée à mon bureau, feuille blanche, stylo noir, lumière douce, un bâton d’encens brûlant à côté de moi, le tic tac du réveil déreglé face à moi. Et là, seule face à cette page vide et blanche, rien ne se passait. J’ai changé la musique, je l’ai éteinte, je l’ai remise, je me suis réinstallée, j’ai réfléchi, posé un mot, une phrase… mais elle était bien là, la hantise de “l’écrivain” : la page blanche. Alors, incertaine, insatisfaite et frustrée, j’ai commencé les premières phrases, et après quelques longues corections, quelques notes au dos de ma feuille, j’ai fini par me lancer. Et voilà le résultat.
Question crutiale: est-ce bien là ma conception de l’écriture? Je n’en sui pas certaine. Il y a trop de brutalité, quelque chose de pulsionnel dans ce texte comparé à ma façon d’écrire. On retrouve ici l’image évidente d’une sexualité masculine égoïste, comme un enfantement brutal. La toute puissance de l’homme désireux face à la jeune fille vierge et pâle, la page qui attend la semence du poete. Ce n’est là ni ma conception de la sexualité, ni ma conception de l’écriture. Je n’ai pas, lorsque j’écris, la sensation de souiller une feuille ni de rompre son charme. Je suis parfois déçue par les mots, je raille et je déchire, mais je n’ai pas de considération pour le papier qui souffre sous ma plume.
Alors pourquoi avoirécrit cela? Parce qu’à cet instant, c’est ce que je ressentais: le besoin vital d’écrire, quelque chose, n’importe quoi, mais il me fallait écrire. Angoissé par la blancheur immuable du papier, par cette pulsion a satisfaire, je me suis retrouvée dans une sorte de lutte entre ma plsion et la virgninté de ma feuille.
Dè le départ, l’analogie était claire: la virginité de la feuille, la défloration par le poète. Petit à petit, les liens ont fait jour, plus ou mois consciemment: je n’ai réalisé qu’après coup le double sens explicite et bienvenu de : “J’empoigne enfin ma plume et je m’approche de toi, excité, hésitant. Je plonge en toi. Ma plume te caresse et dessine,sur ta blancheur inocente, quelques mots chancelants. “ qui exrpime avec évidence la pénétration de l’homme et les premiers mots sur la feuille vierge ; puis la défloration violente et rageuse: “Et puis je te déchire, d’un trait furieux et plein de rage” , et enfin, l’aboutissement final: “et je te couvre enfin d’un flot d’encre qui te souille à jamais.” Finalement, de façon tout à fait clair pour moi lors de l’écriture, le parallele entre le battement du coeur et celui de l’horloge, qui après avoir tambouriné le minuit, heure du début et de la fin, instant de basculement crutial, (naissance du poeme, et mort de la page vierge) , reprend son rythme régulier et monotone, retour au calme final, le poete épuisé et satisfait,observant le fruit de son enfantement.
La rupture (d’un jour à l’autre à travers le minuit, de la virginité à l’enfantement) est marquée par l’utilisation volontaire de l’indéfini “d’une horloge” , alors que celle-ci, ayant déjà été évoquée, devrait être introduite par “de l’horloge”. quelque chose reprend, on reconsidère les choses de façon nouvelle.
Encore une fois, cette conception de l’écriture, bien que plutôt fidèle lors de l’écriture de ce texte, ne reflete pas mes idées générales de la compostion, et encore moins mon approche de la sexualité. Utiliser un homme désireux tout puissant était un pur moyen littérairede reflèter la pulsion du poete.
Ces textes sont des créations personnelles, ce sont des oeuvres libres de droits diffusés dans le cadre d’un contrat de licence “creative commons (http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/)” avec restrictions



Demain peut-être, je verrais sur la neige
Les traces de tes pas.
Celles-ci m’indiqueront, sans doute,
Le chemin que tu auras choisi
Pour me quitter.
Je resterai debout, sans doute,
Devant ce champ de glace
Pour voir se lever le soleil
Sur tout ce qu’il me restera de toi :
Les blessures encore fraîches, d’un champ de neige.
Je resterai le jour, toute la nuit sans doute,
Pour admirer l’amour que tu m’auras laissé,
Dans ce champ de solitude.
Les herbes folles et la folie de nos amours,
Enfouies sous cette glace meurtrie de ton départ,
Mourront, comme tout ce qui me restera de toi.
Sans doute.
Les pâles rayons de ce soleil d’hiver
Emporteront loin de moi le chemin qui t’emmène
Ailleurs.
Et il coulera de mes yeux
Sur mes joues, sans doute,
De la neige morte.
Vendredi 13 mai 2005
Ces textes sont des créations personnelles, ce sont des oeuvres libres de droits diffusés dans le cadre d’un contrat de licence “creative commons (http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/fr/)” avec restrictions



Un de mes texte les plus spontané, presque aucun travail de seconde couche. En un seul jet.
Une toute petite fierté!
J’aime le côté nostalgique, la rencontre de la solitude et de cette neige sans couleur, de cette espace sans limite.
La pureté du champ de neige déchiré par les traces de pas. L’association de l’étendue de neige et du linceul, de la glace et de la mort.
Cette neige qui représente l’amour pur et idéal brisé par le depart de l’autre, qui se meurt petit a petit en fondant. L’implicite d’une renaissance avec l’arrivée d’un soleil nouveau qui change le décor: qui à la fois détruit, qui à la fois laisse place à quelque chose d’autre. De la mort d’une chose à la naissance d’une autre.